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Le débat sur les changements climatiques peut-il impulser l'utilisation des énergies renouvelables?
 
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En se fixant des objectifs précis, le livre blanc de l'Union européenne a clairement énoncé la dimension stratégique que les énergies renouvelables auront dans la production électrique future de cet espace intégré. Parmi les raisons qui expliquent une telle prise de conscience on peut citer l'épuisement des ressources combustibles fossiles, la dépendance croissante des pays de l'Union européenne vis à vis de leur approvisionnement, les changements climatiques à échelle planétaire liés à leur utilisation ainsi que les besoins toujours grandissant d'électricité dans le monde.

Dans son rapport de Janvier 2003 'Trends to 2030 ', la Direction Transport et Energie de la Commission européenne avait prédit qu’à l’horizon 2030, l’énergie éolienne représenterait une capacité installée de 135 GW, soit 12% de la capacité totale des pays de l’UE. Cependant, en 2009 plus de 65 GW de capacité éolienne étaient déjà opérationnels alors que ce chiffre était de moins de 13 GW en 2000. De plus, ces prévisions initiales ont été faites sur la base de scénarios ne tenant pas compte des politiques et/ou mesures environnementales visant à atteindre les objectifs du protocole de Kyoto en 2008-2012, ou d’autres politiques encore plus contraignantes visant a atténuer les changements climatiques pouvant être mises en place à l'avenir. Ne pas tenir compte d'une dimension environnementale dans ces prévisions serait d’après la DG TREN un scénario très peu probable. Ainsi, l'Agence Internationale de l'Energie a déjà prédit dans le 'scénario 450' fixant des objectifs chiffrés relatifs aux résultats de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques de son 'World Energy Outlook 2009 ' que près de 300 GW de capacité éolienne seraient installés sur le continent européen en 2030.

imageL'épuisement des ressources fossiles ainsi que les changements climatiques représentent des problèmes globaux où une coopération internationale s'avère nécessaire. La législation de l'UE fournit déjà un cadre juridique favorisant l'intégration des réseaux électriques trans-européens. L'extension de ces réseaux aux pays limitrophes de l'Union serait d'un intérêt mutuel car il permettrait d'obtenir de meilleurs rendements économiques en facilitant l'accès et l'intégration de sources d’énergies supplémentaires.

En ce sens, plusieurs directives et programmes d'incitations de l'Union Européenne visent à augmenter l'approvisionnement des pays européens en énergie. Des garanties financières peuvent même être obtenues pour de tels projets, qui comparables aux gazoducs, ont créé des liens économiques productifs durables entre partenaires. Les synergies créées entre l'Allemagne et la Russie autour de l'industrie des gazoducs ont été à ce titre assez exemplaire. L'énergie éolienne nous permettrait d'aller bien au delà dans le développement d’une économie énergétique intégrée et durable par rapport au modèle gazier russe qui a entre temps montré ses limites.

Dans un souci de diversification énergétique, les circonstances actuelles devraient nous amener à envisager une nouvelle forme de coopération avec les États d'Afrique du Nord en soutenant l'édification d'une politique intégrée de développement. Celle-ci permettrait aux partenaires concernés d’œuvrer à un objectif commun visant à assurer un approvisionnement énergétique durable des pays de la région en intégrant leurs industries manufacturières et au travers d’infrastructures d’interconnections adaptées.

Le Plan Solaire de l'Union pour la Méditerranée développé dès 2008, a pour la première fois clairement énoncé cette politique. L'objectif du Plan Solaire de renforcer les capacités des Pays Méditerranéens à intégrer ces nouvelles sources d'énergies renouvelables en appuyant des projets concrets dans le cadre d'une vision Euro-méditerranéenne intégrée consacre cette nouvelle dimension de la politique de voisinage de l'Union Européenne.

Historiquement, les mécanismes du processus de Barcelone dont est issu le programme MEDA de l'UE ont déjà financés une partie de l'interconnexion électrique initiale de 700 MW entre l'Espagne et le Maroc par câbles sous-marins. Le dédoublement de la capacité d'interconnexion entre les deux continents qui est gérée par des accords bilatéraux a déjà été effectué (1400 MW), et une troisième interconnexion est actuellement en cours. Ceci devrait faciliter à terme l'importation d'électricité éolienne en provenance des plateaux sahariens de Tarfaya. Les technologies conventionnelles actuellement utilisées peuvent transférer une production éolienne très limitée à partir du réseau électrique marocain qui s’étend à cette zone. En raison des distances à parcourir, seules les technologies de lignes Haute Tension à Courant Continu tels qu'envisagées par le Projet Sahara Wind seront capables d'effectuer des transferts d'électricité significatifs sans encourir des pertes en lignes importantes.

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