La saturation des plus grands réseaux électriques africains liés aux problèmes de stabilités générés par le déploiement de projets éoliens confirmera la nécessité de développer une approche technologique globale mieux intégrée. Étant donné que cette région est située en périphérie de l'un des plus grands réseaux électriques au monde (réseau Européen), son potentiel en énergies renouvelables devrait pouvoir générer d'importantes quantités d'électricité éolienne. Produites à des couts compétitifs, cette électricité renouvelable pourrait alimenter un marché énergétique régional significatif. Pour en arriver là, un effet d'échelle reste nécessaire. De ce fait, le déploiement de mécanismes visant à intégrer cette énergie localement peut s'avérer utile, voire indispensable au développement de solutions énergétiques durables.
En sus des possibilités de transfert énergétiques du Projet Sahara Wind à travers la ligne Haute Tension à Courant Continu, une économie verte basée sur le développement de technologies non carbonées intégrée aux industries locales pourrait émerger. De nouvelles synergies apparaissent dans les mécanismes de stockage d'énergies renouvelables intermittentes. Le développement de celles-ci reste néanmoins tributaire de l'importance des marchés liés aux procédés couramment utilisés. En prenant en considération les technologies de stockage électrochimiques, la plupart des procédés actuels de production d'hydrogène par exemple, sont basés sur des techniques de reformage du gaz naturel. Lorsqu'ils ne sont pas associés aux technologies de séquestrations de carbone, ces procédés utilisés par l'industrie émettent environ 6 tonnes de CO2 par tonne d'hydrogène produite. Le recours aux technologies d'électrolyse pourrait s'avérer essentiel dans la stabilisation les réseaux électriques faibles de la région, afin d'en optimiser leur fonctionnement. Ces systèmes, permettant une gestion plus flexible en réseaux, sont actuellement en phase de test au sein des Universités partenaires du Projet 'Sahara Trade Winds to Hydrogen'. Ils permettent à travers une optimisation des flux énergétiques et un système de stockage par hydrogène renouvelable, un meilleur accès à la ressource éolienne. Celle-ci serait alors intégrée par le biais de synergies industrielles à des réseaux énergétiques locaux plus flexibles, capables de générer une plus haute valeur ajoutée sur place. Ces technologies générant de l'hydrogène renouvelable comme sous-produit, peuvent être répliquées à de très grandes échelles sur les champs éoliens alizés désertiques s'étendant du Maroc au Sénégal. En produisant simultanément de l'électricité et de l'hydrogène dans un système énergétique propre, durable et intégré, basé sur la valorisation des ressources naturelles locales, des problèmes environnementaux significatifs seraient ainsi solutionnés. Dans ce contexte, l'avènement d’une industrie éolienne locale, visant à desservir les besoins énergétiques d’industries de transformation de produits minéraux disponibles dans la région, serait alors envisageable. Le recours à ces technologies permettrait la création de valeur ajoutée locale, renforçant ainsi l’intégration de cette ressource éolienne sur place. Cette approche représente un enjeu principal, inhérent au déploiement de systèmes énergétiques durables visant à appuyer le développement en phases successives du Projet Sahara Wind.  |