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L'énergie éolienne peut-elle être efficace dans la réduction des émissions de gaz a effet de serre?
 
Changements climatiques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Alors que nous sommes à la recherche de nouvelles sources d’énergies durables et respectueuses de l’environnement, l'intégration d'une énergie renouvelable telle que l’énergie éolienne reste limitée en ayant recours à la technologie actuelle. En effet, aucun pays n'est parvenu à intégrer plus de 25% d'énergie éolienne dans sa balance énergétique électrique annuelle. Il existe d'importants défis techniques qui doivent être surmontés tel que la stabilité d'un réseau électrique lorsque des taux de pénétrations d’énergie éolienne élevés sont atteints. Les pays ayant introduits avec succès des stratégies de déploiement d'énergies éoliennes atteignent lentement ces limites. En conséquence, les pays en développement disposant de réseaux électriques plus faibles couplés à des besoins croissants en électricité seront beaucoup moins aptes à intégrer ces technologies propres.

L'intermittence de la ressource éolienne représente un des défis majeurs de cette énergie qui nécessite une flexibilité accrue dans la gestion des réseaux électriques. Les stratégies d'intégrations d'électricité d'origine éoliennes sont multiples, mais en sus d’un dispatching optimisé en ayant recours aux technologies à Haute Tension en Courant Continu HVDC et le développement de réseaux électriques intelligents, les techniques de régulations par stockage/restitutions représentent à terme les seules alternatives permettant une utilisation quasi exclusive de cette énergie propre en réseaux.

En raison d’une baisse de la demande en électricité durant certains jours ventés, des pays tels que l’Espagne ou l’Allemagne ont récemment été contraints de stopper la production de milliers d’aérogénérateurs et perdre ainsi une quantité non négligeable d’électricité verte qui aurait pu être utilisée. Etant donné que ces pays sont appelés à doubler leurs installations éoliennes avant 2020 dans le cadre de leurs objectifs communautaires, des systèmes de stockage par batteries pouvant s’appliquer aux véhicules de transports sont actuellement à l’étude. D’après l’association professionnelle des gestionnaires de réseaux EURELECTRIC, l’infrastructure électrique Européenne peut être utilisée dans la plupart des pays pour charger des véhicules. Si des véhicules sont chargés de nuit, une fiche électrique standard (16 A) suffirait. Le réseau est suffisamment robuste pour permettre à un certain nombre de véhicules (10% du parc roulant européen) de se charger simultanément sans causer d’impact significatif sur le système en heures creuses. Ceci représenterait une des possibilités envisagées dans la valorisation de l’électricité éolienne permettant de limiter les émissions de gaz à effets de serre dans le secteur des transports.

L'énergie éolienne est une énergie qui n’émet pas de gaz à effets de serre. Le déploiement de technologies propres dans la production d'électricité représente un défi environnemental majeur puisque la génération d'électricité est responsable de plus de 40% des émissions de Gaz a Effets de Serre (Essentiellement C02) de par le monde (*).

Le développement de grands projets, tel que le Projet Sahara Wind intégrant des infrastructures de transferts adaptés sur des marchés régionaux  et le déploiement de technologies de gestion de réseaux intelligents (smart grids) devraient faciliter un recours massif aux énergies renouvelables dans les systèmes énergétiques actuels. Au-delà de ces considérations,  la production d'hydrogène devrait servir à intégrer une proportion plus élevée d’énergie éolienne dans les réseaux électriques à travers des synergies industrielles. Le recours à l'éléctromobilité à travers le couplage véhicules batteries/piles à combustibles permettrait de substituer les combustibles fossiles dont les réserves sont limitées, par des énergies renouvelables stockées sous forme d'hydrogène. L'accès ainsi facilité aux énergies renouvelables permettrait de créer des milliers d'emplois verts dans des filières technologiques  avancées s'appliquant au secteur de l'automobile. L'hydrogène est un vecteur énergétique propre qui n'émet pas de carbone et sa conversion en force motrice se fait de manière beaucoup plus efficiente que les moteurs à combustions communément utilisés dans les transports.
 
Avec le taux d’émission de CO2 le plus bas parmi l’ensemble des différents concepts de propulsion (Well-to-Wheel) l'hydrogène à partir d'énergie éolienne couplée aux piles à combustible est la technologie la plus écologique actuellement disponible. C'est ce qui ressort du dernier rapport sur l'hydrogène renouvelable de l'IPHE. Cette option démontrée dans le Projet Sahara Wind-hydrogène impliquant les universités du Maroc et de Mauritanie ouvre de nouvelles perspectives dans la façon dont les énergies renouvelables sont mises à profit. En étendant la révolution verte à l'industrie automobile via l'intégration de technologies de pointe, une approche globale plus inclusive peut être appliquée aux secteurs à forts taux d’émissions de carbone. Ceci devrait mener à une consolidation des efforts de lutte contre les changements climatiques au delà des systèmes de production énergétiques.
 
Développer des solutions technologiques non carbonées dans le secteur des transports permettrait d'éliminer d'importantes émissions de Gaz a Effets de Serre. Ce secteur est à l'origine de près d'un quart (23%*) des émissions de CO2 dans le monde. Le recours à de telles solutions technologiques propres, intégrées aux systèmes de génération électriques renouvelables contribuerait à stabiliser les émissions de Gaz à Effets de Serre, à des niveaux beaucoup moins élevés qu'ils ne le sont actuellement.

 

 

(*) Source: International Energy Agency (IEA) World Energy Outlook 2009

 
 
   
   
     
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